• Saint Louis-Marie Grignion de MonfortFêtes et mémoires en usage à la Militia Christi

    28 avril

    Tertiaire dominicain

     

    Né en 1673 d’un père avocat à Montfort sur Meu en Bretagne et dans une famille de 18 enfants (!), il mourut épuisé à 43 ans à Saint-Laurent sur Sèvre, lieu sur lequel viendra le Pape Jean-Paul II en pèlerinage en 1996.

    A la sortie du Collège des Jésuites à Rennes, où il fait vœu de pauvreté, il rentre au Séminaire Saint-Sulpice de Paris pour être ordonné prêtre à 27 ans.

    Il prêche dans les campagnes, à l’hôpital et noue des amitiés spirituelles avec des aristocrates.

    Il fonde en 1703 avec Marie-Louise Trichet une congrégation féminine « les Filles de la Sagesse», d’abord hospitalière puis évoluant vers l’enseignement.

    En 1706, il rencontre le Pape qui le nomme « Missionnaire Apostolique » pour la France et en 10 années, il prêchera de Saint-Brieuc, à Saintes, Nantes, Rouen.

    Probablement en 1712, il rédige à La Rochelle son ouvrage le plus important : «TRAITE DE LA VRAIE DEVOTION A LA VIERGE MARIE », égaré à la suite de la Révolution et retrouvé en 1842.

    Il institue en tous lieux des « Confréries du Rosaire », avec l’autorisation du Provincial des Dominicains de la Province de France.

    Son œuvre se perpétue aujourd’hui à travers de nombreuses congrégations :

    • La Compagnie de Marie, créée après sa mort, composée de prêtres et catéchistes, missionnaires ruraux, qui deviendront LES PERES MONTFORTAINS, dont l’objectif est de « renouveler l’esprit du christianisme dans les chrétiens »
    • Les Frères de l’Instruction Chrétienne de Saint-Gabriel, créés au XIXème, devenus Frères de Saint-Gabriel
    • Les Filles de la Sagesse, consacrées à JC, Sagesse dans le mystère de son incarnation en Marie, représentées dans 23 pays sur 5 continents
    • L’Institut Séculier Montfortain
    • La Fraternité Mariale Montfortaine
    • La Légion de Marie, fondée à Dublin en 1929 (3 millions de membres actifs et 10 millions de membres auxiliaires dans le monde
    • Diverses communautés nouvelles… Un hôpital à Ottawa au Canada porte son nom, de même qu’une Confrérie « Marie, Reine des Cœurs » là-bas…

    Pour Louis-Marie de Montfort, le salut passe par Marie. Elle est toute la raison et l’espérance des enfants de Dieu, puisqu’elle intercède sans cesse auprès de Jésus.

    Notre futur Saint, le Pape Jean-Paul II, avait une grande dévotion pour Saint Louis-Marie G. de Montfort depuis ses lectures en tant que séminariste clandestin à Cracovie. Sur son blason, notre Saint Pape avait choisi le M de Marie et repris les mots de St L-Marie : TOTUS TUUS.

    « Totus Tuus ego sum et omnia mea Tua sunt. Accipio Te in mea omnia »

     

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort n’est pas Docteur de l’Eglise. En 1926, on avait pensé à le présenter comme Docteur de la médiation universelle de la Vierge Marie… Après Vatican II, on a considéré que Marie était perçue comme un obstacle à l’œcuménisme pour les protestants. (Cf. décision de la Congrégation pour la cause des Saints, à l’époque « congrégation pour la doctrine de la Foi », dont faisaient partie le Cardinal Ratzinger et Jean-Paul II)

     

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    Allocution du maître général J. Stoquart
    lors de son installation.

    Novembre 2003

     

     

    Chers frères et sœurs,

     

    Ces dernières années, à diverses reprises, la Militia Christi s'est interrogée sur son identité et sa vocation. Une démarche synodale, initiée par les membres les plus jeunes de notre institution, a largement développé et commenté l'une et l'autre et a conduit à dix résolutions proclamées à Rome, au cours du pèlerinage jubilaire de juillet 2000. Deux de ces résolutions ont déjà été concrètement mises en application, à savoir : l'envoi des Dames en mission et le fascicule de présentation de la Milice.

     

    Je pense qu'il est à présent nécessaire, et même urgent, de mettre en œuvre trois autres résolutions, dont une d'ailleurs a fait l'objet de toute l'attention du Conseil magistral élargi, réuni en octobre 2002 à Thiais. Il s'agit, en les citant textuellement :

    • de l'engagement personnel et actif de tous les membres dans l'effort évangélisateur au sein de la société et dans l'Église, et notamment dans les paroisses et diocèses ;
    • de l'engagement de l'ensemble des membres d'une maison ou même d'une province dans un apostolat spécifique et identifiable 'Militia Christi', établi en coopération avec l'Église locale ou un ordre religieux, l'Ordre des Prêcheurs de préférence ;
    • du soutien des missions apostoliques actives par des équipes de prière assidue (et j'ajoute : internes ou externes à la Milice).

     

    Au cours des quinze dernières années, il m'a très souvent été demandé : « Que faites-vous ? Quel est votre 'créneau' : jeunesse, enseignement, malades, handicapés, prisons ? On ne vous voit nulle part ! » Osons l'avouer, nous avons plus d'une fois été embarrassés pour répondre 'substantiellement' à une telle question. Nous serions sans doute plus à l'aise pour dire ce que nous sommes et avons été au cours de l'histoire. Mais aujourd'hui, c'est un fait que nous ne pouvons ignorer, nos contemporains sont d'abord préoccupés par 'l'insertion dans le tissu social'. Et c'est aussi le souhait et la demande de l'Église : « Soyez ferments de sainteté dans vos sociétés ! »

     

    Frères et sœurs, chacun d'entre nous en particulier, et notre Milice en tant que 'cellule d'Église', a une vocation qui a été nettement mise en évidence lors du Congrès du Laïcat catholique tenu à Rome fin novembre 2000 : nous sommes, individus et collectivités, 'envoyés pour annoncer'. « Vous, les christifideles laïci, êtes en première ligne dans les combats d'une importance vitale pour l'humanité qui s'ouvriront au début du 2ème millénaire » a dit le cardinal Stafford sous un tonnerre d'applaudissements débouchant sur l'hymne chanté par les quelque 650 participants debout : « Christ hier, Christ aujourd'hui, demain et toujours... ».

     

    Je me suis souvenu d'un fait vieux d'un bon demi-siècle. Dans la seconde moitié des années 40, plusieurs milliers de jeunes se sont rassemblés dans des prairies avoisinant la ville de Bastogne en Belgique. Ils étaient tantôt scouts, tantôt membres de la JEC, ou de la JOC, bref de ces grosses entités qui monopolisaient alors l'engagement militant chrétien. Quel spectacle de voir tous ces jeunes se lever ensemble pour chanter à pleine voix l'hymne de l'époque : « Debout ! L'appel du Christ résonne ! »

     

    Aujourd'hui, l'appel du Christ résonne toujours, et peut-être plus que jamais ! Nous vivons dans une culture de mort engendrée par une société qui a perdu presque toute - sinon toute - son Espérance. Or, nous en avons une, inégalable, exaltante au-delà de toute expression, qu'il nous est demandé depuis 2000 ans d'annoncer à temps et à contre temps. Une Bonne Nouvelle qui tient en peu de mots : 'Christ est vivant, Il a vaincu la mort, II nous attend dans son Royaume'. Tout le reste est explications, développements. Le Christ lui-même nous a envoyés en mission : « Allez dire à mes frères que le Royaume de Dieu est proche ».

     

    Qu'attendons-nous, frères et sœurs, pour l'annoncer ensemble, en corps constitué ? Que nous soyons dix fois plus nombreux ? Que nous n'ayons plus à craindre d'être ergotes sur notre nom, notre histoire, nos traditions ? Bagatelles que tout cela, en regard de ce que nous avons à dire ! Aurions-nous peur ? Que pouvons-nous craindre de donner, de perdre, de subir ? Des moqueries ? Sans doute, mais nous n'en subirons jamais autant que le Christ lui-même, tourné en dérision par son peuple, par la soldatesque romaine et, jusque sur la Croix, par le mauvais larron ! Des coups (au propre et au figuré) ? Peut-être aussi, mais jamais autant que le Christ, souffleté devant la Sanhédrin, flagellé dans le prétoire, couronné d'épines, pendu à une croix ! Des animosités ? Presque certainement, mais jamais autant que le Christ qui vécut tout son enseignement dans la suspicion, les pièges et l'animosité active des Pharisiens ! L'éloignement de certains de nos proches ? Peut-être aussi, mais jamais autant que le Christ qui vit ses apôtres filer à toute allure lors de son arrestation au Mont des Oliviers, qui vit Simon - le futur 'chef de son Église - le renier par trois fois, tremblant devant une jeune servante de cabaret ! Un petit renoncement à une part de notre train-train, de notre confort? Oui, certainement, mais jamais autant que le Christ qui 'n'avait pas une pierre où poser la tête' !

     

    Peut-être m'objecterez-vous : « Ce n'est pas facile, c'est même franchement difficile ! » Oui, c'est vrai et il ne faut pas le cacher, c'est plus difficile qu'il y a quelques décennies ! Car aujourd'hui, il ne s'agit plus, en Europe du moins, de baptiser des convertis mais bien de 'convertir des baptisés' ! Des hommes et des femmes déjà baptisés, d'une foi parfois hésitante, d'une pratique au mieux occasionnelle, et n'ayant souvent conservé que des bribes de leur instruction religieuse. Le Seigneur nous fait donc l'honneur et la grâce de nous placer dans un contexte plus difficile. Je me souviens qu'un jeune ingénieur avait un jour maugréé que le problème qui lui était confié était vraiment difficile ; son 'patron' lui a répondu du tac au tac que si la question avait été simple, il ne l'aurait pas donnée à un ingénieur ! Ce qui a laissé le jeune rouspéteur muet, et quand même pas mal fier et heureux ! Notre tâche est aujourd'hui plus difficile, mais - je le répète - Dieu nous fait l'honneur de nous la confier... Qu'avons-nous déjà consenti pour nous y atteler, tous ensemble, en maison, en choisissant un 'créneau' local, fonction des besoins locaux de l'Église, de nos forces et des talents dont nous disposons ? Avons-nous déjà consacré une heure, une soirée, une rencontre, à chercher en maison ce que nous pourrions faire d'utile ensemble ?

    «Malheur à moi si je n'évangélise pas» nous dit l'Apôtre! Cette parole ne fut pas seulement adressée aux contemporains de saint Paul, elle est parole pour chacun de nous aujourd'hui. Elle est parole pour la Milice de Jésus-Christ telle qu'elle est en 2003, avec ses 'plus' et ses 'moins' ! La Milice a vocation d'être ferment de sainteté dans la pâte humaine. Comment être ferment dans une pâte sans y être immergé ? Une fois immergé, comment faire lever la pâte sans annoncer la seule Bonne Nouvelle qui soit capable de la faire monter ? Un jour, plus ou moins proche, nous paraîtrons devant le Seigneur et je ne puis m'empêcher de me dire qu'il nous posera la question : « Avez-vous porté à vos frères et sœurs, les hommes et les femmes de votre temps qui avaient faim et soif de moi, parfois sans même le savoir, la Bonne Nouvelle que je vous avais annoncée ? Qu'avez-vous fait des talents que je vous ai donnés, donnés pour cela notamment ? »

     

    Frères et sœurs, ce que nous avons reçu gratuitement (foi, talents divers, ...), donnons-le à notre tour, gratuitement, généreusement ! Et surtout, que personne ne dise : 'Je n'ai rien qui puisse être utile'. C'est faux ! Personne, absolument personne n'est sans talent. Vous pouvez parler ? Parlez, l'appel du Christ résonne pour vous : il a besoin de votre parole pour parler à ses frères ! Vous pouvez écrire, rassembler, sourire, guérir, compatir ? Écrivez, rassemblez, souriez, guérissez, compatissez, l'appel du Christ résonne pour vous : il a besoin de vos mains et de vos visages pour écrire et sourire à ses frères les hommes, pour les rassembler, les guérir. Vous avez du temps, de l'argent, de la place ? Donnez-en largement, généreusement, l'appel du Christ résonne pour vous : il en a besoin pour donner à ses frères !

    L'engagement militant que nous avons pris dans la Militia Christi est exigeant. Nous avons consacré deux ans de stage à nous assurer qu'il correspondait bien à nos moyens et nos aspirations. Que faisons-nous de cet engagement ? Qu'en faisons-nous sous le signe visible de la Militia Christi ? Un jésuite, un frère des écoles chrétiennes, pourrait être chrétien actif dans le monde, travailler dans le champ à moissonner sans faire pour autant état de sa qualité de jésuite, de disciple de saint Jean-Baptiste de la Salle. Mais à part de rares exceptions motivées par l'une ou l'autre raison, il m'apparaît que ces religieux et religieuses travaillent toujours 'sous la bannière' de leur congrégation. Pourquoi hésitons-nous si souvent à en faire autant ? Cette réticence finit par se percevoir, ceux qui nous voient travailler et qui apprennent quand même notre engagement s'interrogent... et ne se sentent pas encouragés à venir nous rejoindre sous un drapeau que nous semblons vouloir enfouir au fond de notre poche.

    Chers frères et sœurs, ayons l'humble fierté de notre Milice. C'est à nous qu'il appartient aujourd'hui de la faire vivre et grandir. Nous n'y réussirons qu'à deux conditions : d'une part, prier et faire prier avec ferveur, tous les jours, pour la Militia Christi et tous ses membres, et d'autre part, assurer, sous notre croix fleurdelisée, une présence significative, 'annonciatrice' de la Bonne Nouvelle, dans le monde qui est le nôtre, ici et maintenant.

    Ne préjugeons ni par optimisme ni par pessimisme des résultats de nos efforts. Nous sommes chargés de semer, non de récolter. C'est le Seigneur qui fait germer et porter du fruit. Et si cela semble difficile - effectivement, ce l'est - souvenez-vous de ce que Mère Teresa disait : « Lorsque cela semble difficile, souviens-toi que nous ne sommes pas appelés à réussir, mais à être fidèles »1.

    Bon travail à tous. Je suivrai régulièrement vos réalisations et projets. Je suis à votre disposition pour vous apporter, dans la mesure de mes moyens et avec l'aide de l'Esprit saint, le support que vous pourriez souhaiter. Mais je ne nous tiendrai pas pour quittes aussi longtemps que nous ne serons pas tous penchés sur la parcelle de terre que le Seigneur nous donne à moissonner. Ayons en Europe cette superbe ambition qui est celle de notre frère Johnny Dorkenoo et de la province togolaise : répandre la Milice à travers toute l'Afrique. Pourquoi, en effet, ne serions-nous pas contagieux au point de contaminer toute l'Europe ? ?

     

    Vous êtes présents dans mes intentions à l'office des laudes tous les jours : ce n'est pas croyable comme peut croître l'amour pour ceux pour qui l'on prie régulièrement !

     

    Et qu'en cela comme en toute chose, Dieu et la Reine du très saint Rosaire soient glorifiés.

     

    Fr Jacques Stoquart

     

    1 In 'La prière, fraîcheur d'une source'

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    Et cela leur est vivement recommandé, notamment à tous nos frères isolés !

    Bonne navigation,

    Le webmaster.

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