• Barthélémy de Bragance

    ainsi nommé d’un fief noble appartenant à sa famille, issu de l’ancienne maison des comtes de Bragance, célèbre en Lombardie, naquit vers le commencement du treizième siècle.

    Il fit ses études à Padoue où il eut le bonheur de connaître saint Dominique, et de recevoir de ses mains l’habit de son Ordre. Il ne fut pas plutôt honoré du sacerdoce, qu’on l’envoya prêcher et travailler à la pacification des troubles qui étaient grands dans les villes, surtout de Lombardie. 

    Barthélémy de Bragance

    Il fut maître du sacré palais, non pas immédiatement après saint Dominique, comme le prétend Fontana dans son Théâtre dominicain, puisque quand le saint patriarche mourut, Barthélémy de Bragance n’était âgé que de vingt ou vingt-et-un ans ; mais vers l’an 1235, sous le pontificat de Grégoire IX, il exerça cette charge jusqu’à ce qu’Innocent IV le nomma évêque de Nimésie [aujourd’hui Limasol] dans l’île de Chypre, sous la métropole de Nicosie, en l’an 1250, selon Ughel, ou 1248, selon les Bollandistes ; ce qui paraît plus probable.

    Il venait de prendre possession de cette dignité lorsque saint Louis, roi de France, passa la mer pour faire la guerre aux infidèles, et dans la suite il eut ordre du pape de se rendre auprès de la personne du saint monarque en Palestine. Il l’accompagna à Joppé, à Sidon, à Ptolémaïde, et à son retour en France, selon Altamura dans sa Bibliothèque dominicaine. D’autres disent qu’il retourna à son église après s’être acquitté de quelques commissions dont le pape l’avait chargé envers ce saint Roi. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il nous dit lui-même que le Roi fit ce qu’il put pour l’engager de passer en France, lui faisant espérer que quand il serait à Paris il lui ferait présent de quelques reliques pour orner son église.

    Alexandre IV voulut avoir auprès de lui un si digne prélat. Il le rappela dans sa patrie et le fit évêque de Vicence où il eut beaucoup à souffrir de la part du tyran Ezzelin, l’ennemi déclaré de la religion. Ce fut alors qu’on remarqua encore mieux dans la personne de Barthélémy toutes les qualités d’un bon pasteur.

    Le pape l’ayant envoyé légat en Angleterre et en France, saint Louis qui le chérissait toujours lui donna un morceau de la vraie Croix et une épine de la couronne de Notre Seigneur, que le digne évêque déposa dans la magnifique église qu’il fit bâtir aux dominicains et qui fut appelée l’église de la Couronne.

    Il fit son testament le 23 septembre 1270, et mourut peu de temps après. Les Bollandistes assurent qu’on lui a toujours rendu une espèce de culte et donné le titre de bienheureux.

    Le père Papebrock dit que Barthélémy de Bragance a été patriarche de Jérusalem ; mais cela est au moins fort douteux puisque sans parler du silence de la plupart des auteurs, Barthélémy lui-même n’a jamais pris ce titre dans aucun acte, ni dans son testament qui renferme néanmoins un abrégé fidèle de sa vie, et où l’église de Jérusalem n’est pas seulement nommée, tandis qu’il y est fait une mention expresse de celles de Nimésie et de Vicence. L’épitaphe qu’on lit sur le tombeau de Barthélémy, dans l’église de la Couronne de Vicence, et où il est appelé patriarche de Jérusalem, ne mérite aucune considération, parce que, comme le remarque le père Échard, ce n’est point la première qu’on y lisait d’abord, mais une autre qu’on y mit en 1353, quatre-vingt-trois ans après sa mort, lorsqu’on le transporta dans un nouveau tombeau.

    Nous avons quelques ouvrages de Barthélémy de Bragance, qui est aussi nommé quelquefois Barthélémy de Vicence ; savoir, des Commentaires sur l’Écriture-Sainte et sur le livre de la Hiérarchie, attribué à saint Denis l’Aréopagiste ; deux volumes de Sermons, et quelques opuscules. Le père Échard en cite beaucoup d’autres qui sont demeurés manuscrits. (Le père Échard, Script. Ord. Prœdic., tom. 1 pag. 254 et les suivantes. Le père Touron, dans la Vie de saint Dominique, l. 5, pag. 508 et les suivantes.)

    Bibliothèque sacrée, ou Dictionnaire universel historique, dogmatique, canonique, géographique et chronologique des sciences ecclésiastiques ... , Charles Louis Richard, Boiste fils ainé, 1822

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