• Homélie pour le samedi de la 23ème semaine du TO – Mgr Brizard, aumônier provincial

    « Heureux l’homme qui se plaît dans ta loi, Seigneur : il donne du fruit en son temps » (Ps 1, 2-3). Dieu veut notre bonheur, et notre bonheur se trouve en Dieu dans la communion de vie avec lui et dans la participation à son œuvre de création et de recréation, autrement de salut accomplie en Jésus, son Fils.

    Ici, notre célébration eucharistique est un moment de vrai bonheur. Je ne me lasse pas de célébrer la messe, non par satisfaction rituelle ou par routine, mais parce que chaque fois j’entre un peu plus dans le mystère que je célèbre. Tantôt c’est le mystère de l’Alliance, tantôt c’est l’accomplissement du salut, tantôt c’est la dimension ecclésiale. Cette dernière dimension revient le plus souvent parce que je ne célèbre pas pour moi seul. (Contrairement à ce que pensent les fidèles, le prêtre n’a pas d’obligation de célébrer la messe, même pas le dimanche). Dans la célébration, l’épiclèse sur le peuple est formidable : nous devenons sous la motion de l’Esprit Saint un seul corps, le corps du Christ. C’est sur ce point que s’arrête saint Paul pour faire comprendre dans un magnifique catéchèse qu’il n’y a rien de mieux que l’eucharistie : « la multitude que nous sommes est un seul corps » qui se réalise dans la communion au sang du Christ et la communion au corps du Christ. (Il serait intéressant de voir pourquoi Paul parle de la communion sous les deux espèces dans ce sens là et pas dans celui que nous pratiquons). Il fait remarquer l’appui de l’eucharistie dans le sacrifice de communion dans l’Ancienne Alliance : une victime animale ou une offrande végétale était offerte à Dieu, puis mangée ensemble en signe de communion avec Dieu. Mais pour nous, il y a beaucoup plus puisque nous sommes ce que nous mangeons. Par parenthèse, les reproches faits au prêtre sur la célébration de la messe doivent être bien mesurés parce que l’acte liturgique résulte de l’action du peuple (c’est ce que veut dire le mot liturgie) et du ministère du prêtre in persona Christi : sauf faute du prêtre, le plus souvent ces reproches relèvent de l’ignorance grave et de ce que signifie l’Eucharistie et des rites pour la célébrer.

    Si donc, nous sommes un seul corps dans le Christ, si donc nous sommes en cours de christification, nous devenons non seulement bénéficiaires du salut en Jésus-Christ que nous célébrons en mémorial dans la messe, selon l’ordre du Seigneur, mais aussi, modestement mais certainement, nous devenons participants de son œuvre de salut en portant le fruit qui est l’expression de la fécondité de la vie divine ou de la vie du Royaume en nous. Pourquoi le rapprochement avec le Royaume ? Parce que la vie divine, c’est la vie que nous avons reçue au baptême et qui aurons en plénitude dans le Royaume. La vie divine est donc un bien du Royaume, bien qui nous est confié pour que nous le développions. Pour comprendre cela, il faut faire le rapprochement avec la parabole des talents : ces talents sont les biens du Royaume que le Christ confie à ses disciples pour qu’ils les fassent fructifier. Ce n’est pas rien puisque un talent pesait plus ou moins 25 kg d’argent et qu’à l’époque, l‘argent avait la même valeur que l’or. Cela me paraît éclairant pour les petites paraboles que Jésus emploie dans l’évangile pour faire comprendre où se trouve le vrai bonheur de l’homme. La parole du Christ est vie comme la communion au sang du Christ est vie.

    Nous ne pouvons célébrer cette eucharistie qu’avec plus de ferveur.

    Eglise de Faveroles, le 10 septembre 2016

    Mgr Philippe BRIZARD, aumônier

    « Homélie pour le samedi de la onzième semaine du TO – Mgr Brizard, aumônier provincial
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