• La Vocation Chevaleresque

    Dieu appelle sans cesse !

    Il appelle tout homme, toute femme, à être son disciple, son témoin, son "révélateur" dans l’entourage bien sûr, mais aussi jusqu’aux confins de la terre et jusqu’aux périphéries des sociétés.

    Cet appel peut prendre une forme très perceptible, généralement spectaculaire même, et la mission particulière qu’il concerne est alors immédiatement identifiable. Mais c’est très rare, et nullement indispensable. Dans la grande majorité des cas, l’appel est nettement moins net, moins explicite, et celui qui le décèle doute souvent, et de la réalité de cette perception et de la suite concrète à lui donner. Car Dieu se manifeste dans l’incognito, utilisant des moyens tellement naturels qu’ils ne nous semblent pas émaner d’un quelconque dessein de Lui sur nous.

    Dispositions physiques, intellectuelles, désirs fugitifs mais répétés et souvent écartés aussitôt, rencontres, lectures, événements existentiels, accidents, maladies, autant de circonstances bien humaines dans lesquelles le Seigneur insère, très discrètement, son appel. Une fois perçue la convergence de ces éléments disparates, semblant dessiner une piste possible, quoi de plus naturel que de s’interroger : ne seraient-ce pas de fortuites coïncidences, de simples impressions ? Sont-ce réellement des indices, pas encore très clairs, de ce que l’on appelle une vocation ? Si oui, quelles seraient, pour moi, les implications de cette vocation ? Que m’apporterait-elle, que m’interdirait-elle ? Est-ce vraiment ce que Dieu voudrait que je fasse de ma vie, ou est-ce seulement ce que j’ai envie – envie peut-être éphémère – d’en faire ?

    Questions souvent difficiles, car elles concernent toute une vie et comportent encore de si nombreuses et ô combien importantes incertitudes. Mais, tôt ou tard, doit venir le temps de la décision. Décision à prendre avec plus ou moins de générosité, et surtout avec confiance dans la vie et dans Celui qui en est le maître.

    "L’appétit vient en mangeant" dit-on. C’est, de même, en remplissant les charges d’une vocation que l’on a plus ou moins longuement hésité à embrasser, qu’apparaissent progressivement les certitudes et ce que Saint Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels appelle les "consolations" : joie de se savoir à sa place, à la place où Dieu a désiré que l’on soit. Et c’est vrai pour toutes les vocations : sacerdotale, religieuse, médicale, enseignante, matrimoniale, militaire, chevaleresque, …

    Nous ne sommes pas créateurs mais bénéficiaires de nos talents, même s’il nous appartient de les développer. Nous ne le sommes pas davantage de bon nombre de circonstances de notre vie, mais par contre notre libre-arbitre est souverain en ce qui regarde le "Oui" ou le "Non" que nous donnons à l’invite, presque imperceptible à force d’être discrète, de Dieu.

    C’est souvent en regardant derrière soi que l’on s’aperçoit, bien des années après, des moyens si naturels – que l’on avait parfois rechigné à reconnaître – dont Dieu s’est servi pour nous proposer un chemin de sainteté à notre mesure. Et la joie est alors grande de pouvoir nous dire que malgré nos défaillances, nos faiblesses, nos manquements, et aussi parfois de gros brins de mauvaise volonté, nous avons quand même cheminé, avec Lui, sur la route qui nous mène à Lui.

     

    Jacques STOQUART

    Maitre général

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